Auteur de publication : Frédéric Laviron – Responsable Commercial Établissements Roussineau à Paris.
Période pleine d’incertitudes, entre conflits, économie, restauration en peine, inflation ; très fort déséquilibre entre l’offre et la demande ; stocks de pomme de terre très élevés chez tous les opérateurs… En 2025, les surfaces de pommes de terre françaises atteignaient près de 197 000 ha, contre 172 000 ha en 2024. L’Eldorado de la frite à la conquête du monde a donné des idées à la Chine, l’Inde… Un marché de produits finis qui semble arrivé à saturation et peine à trouver plus de nouveaux consommateurs avec un prix fini de frite en baisse. Les surplus des contrats d’industrie qui se retrouvent sur le marché libre pour être vendus, voire donnés dans certains cas, font de l’ombre au marché du frais.
Les médias en relaient des images peu claires qui peuvent avoir un effet néfaste sur les consommateurs. Le prix toujours plus bas alimente une logique de destruction de qualité et de valeur d’entreprise. La baisse des prix de 14 % en magasin, n’a généré qu’une très faible augmentation de vente en volume dans les GMS.
Le consommateur ne fait pas un repas de plus dans la journée parce qu’il y a surproduction. Les opérateurs sont encore chargés et vident d’abord leurs stocks déjà contractualisés. Quelques ventes d’ajustement commencent à se faire sur des produits bien précis de bonne qualité.
Pour l’exportation, le prix bas a fait venir aux achats les pays de l’Est et autres destinations lointaines. L’Espagne montre des volumes chargés en retrait, l’Italie est toujours demandeur pour la belle qualité. Le Portugal a du volume sur place, achète juste à très bas prix des produits spécifiques, la Grèce…
En somme, la commercialisation de cette fin de campagne risque d’être très longue. Les produits de qualité seront toujours plébiscités. Pour les autres, ce sera plus hasardeux. Espérons que les producteurs seront raisonnables dans leurs décisions de mise en culture pour 2026.

