Auteur de publication : Frédéric Laviron – Responsable Commercial Établissements Roussineau à Paris.
Mi-temps de campagne, je retourne aux vestiaires déguster la galette avec les miens et prends la plume, source de quiétude et d’analyses.
Le temps des marchés est rarement le temps de l’agriculture, où les choix stratégiques s’établissent en dizaines d’années ;
atypique fut la récolte 2024, tant les conditions de production et de récolte ont laissé des traces dans les organismes. 2025 est l’année des questions multiples et concrètes, avec des réponses floues et vaporeuses.
Si le marché est dynamique à l’export, il apparaît néanmoins que les stocks européens de pomme de terre de consommation sont encore élevés, notamment en France, Allemagne et Pologne. Et c’est là que l’analyse se complexifie : il n’y a pas un marché mais de nombreux marchés de pommes de terre.
Sur les pommes de terre fraîches de belle lavabilité, la demande de nos marchés traditionnels est constante et les prix se maintiennent à des niveaux élevés. Aurons-nous assez de belles pommes de terre jusqu’au mois de juin ? Et quid des qualités intermédiaires, lots terreux, dartrosés, dont l’évolution en stockage pose de réels problèmes de conservation et dont la commercialisation est beaucoup plus lente ?
Les lots fritables sont fort demandés en ce début d’année, résultant notamment de lots ne pouvant être stockés plus longtemps. Le secteur de la pomme de terre pour les chips et les frites s’impose et contraint l’ensemble de la filière à des stratégies adaptées pour la sauvegarde de son activité (plant, frais, fécule).
Les contrats de légumes sont en baisse, de même que les surfaces de betteraves et de céréales.
Le marché du lin est plus incertain. Aussi, les prévisions d’emblavement en pommes de terre pour 2025 sont en hausse, notamment en variétés destinées à la transformation.
Jusqu’à quand l’embellie ? La météo sera seule juge de paix. Je reprends une part de galette avant que la 2ème mi-temps commence.

